Bref historique

La présence de la langue française sur le territoire de la Saskatchewan remonte à la période où la France exerçait une influence importante sur la quasi-totalité  de l’Amérique du Nord.

Entre 1752 et 1755, Louis de la Corne explore la région de la vallée Carrot, au centre-est de la Saskatchewan d’aujourd’hui. Il construit le Fort à La Corne à l’est de la fourche des rivières Saskatchewan Nord et Saskatchewan Sud. Au fil des années, cet endroit, aussi appelé Fort Saint-Louis et Nippeween, en vient à marquer l’extrémité occidentale d’une série de fortifications françaises dans le nord-ouest.  Les engagés du Fort à La Corne au milieu du XVIIIe siècle s’essaient à la culture du blé, une denrée qui fera la renommée de la province de la Saskatchewan au XXe siècle.

L’arrivée, en 1818, des premiers représentants de l’Église catholique dans le nord-ouest signale le début d’une nouvelle période de développement pour la langue française au pays. Leurs premières tournées des postes de traite de la vallée Qu’Appelle, au sud, et de la rivière Churchill, au nord, donnent naissance à l’établissement de missions permanentes pour desservir la population métisse qui fréquente les lieux. 

En 1846, les missionnaires Alexandre Taché et Louis François Laflèche fondent la mission catholique d’Île-à-la-Crosse, un poste de traite et un lieu de rencontre fréquenté par les tribus autochtones et une grande population métisse francophone. Plus tard, monseigneur Taché, devenu évêque de Saint-Boniface, et ses successeurs chercheront à bâtir une francophonie catholique à travers les plaines,  de l’ouest de Saint-Boniface jusqu’aux montagnes Rocheuses.

À partir de 1870, de nouvelles communautés métisses qui cherchent à préserver un mode de vie semi-nomade s’établissent dans des régions qui, plus tard, seront à l’intérieur de la province de la Saskatchewan. C’est ainsi que Talle-de-Saules (Willow Bunch), Saint-Laurent-de-Grandin et Batoche voient le jour. La société dont rêvent les Métis ne se fera pas en raison de l’échec, en 1885, de la résistance armée menée contre le Gouvernement du Canada à Batoche même.

Une migration vers les prairies canadiennes s’amorce à la fin du XIXe  siècle pour culminer vers les années 1920. Les francophones de diverses souches s’installent dans la nouvelle province de la Saskatchewan qui voit le jour en 1905. Les Canadiens français originaires de la vallée du Saint-Laurent au Québec, dont bon nombre ont d’abord séjourné aux États-Unis, viennent s’y établir sous la direction de missionnaires colonisateurs. Ils fondent de petits villages où ils établissent des écoles, des paroisses et des commerces. Un nombre presque équivalent de francophones d’Europe (Français, Belges et Suisses) immigre en Saskatchewan, se joignant aux Canadiens français déjà sur place ou fondant leurs propres villages.

L’ouverture du territoire par le chemin de fer amènera également en Saskatchewan un afflux d’immigrants de toutes les origines qui a placé les francophones dans une situation minoritaire. 

Si le projet de loi créant la Saskatchewan et l’Alberta en 1905 a retenu les dispositions de la Loi constitutionnelle de 1867 concernant l’utilisation de la langue française dans l’enseignement public, dans l’administration publique et dans la justice, ces dispositions ne seront pas respectées. 

Au cours des premières décennies du XXe siècle, les Fransaskoises et Fransaskois seront sévèrement limités dans leur droit d’utiliser le français comme langue d’enseignement. Ils se dotent d’associations pour lutter et survivre comme communauté. Seront fondés le journal Le Patriote de l’Ouest en 1910, l’Association catholique franco-canadienne de la Saskatchewan en 1912 et l’Association des commissaires d’écoles franco-canadiennes en 1918 au moment où les menaces à l’enseignement en français sont les plus fortes. Un collège classique francophone, le Collège Mathieu, voit le jour à Gravelbourg en 1918.

En 1952, les francophones établissent deux postes de radio de langue française, une à Gravelbourg et l’autre à Saskatoon. Ce ne sera qu’à partir des années 1960 que les modifications nécessaires seront apportées à la loi scolaire de la Saskatchewan pour permettre l’enseignement en français. Au cours des années 1970, les Fransaskoises et les Fransaskois se dotent de centres culturels chapeautés par le Conseil culturel fransaskois, fondé en 1974. Au début des années 1970, le terme  «Fransaskois » commence à être utilisé pour désigner les francophones vivant en Saskatchewan. Ils se donnent un nouveau journal, l’Eau Vive, ainsi qu’un rassemblement estival annuel, la Fête fransaskoise.

À partir de 1982 débutent les luttes juridiques visant à faire respecter les droits linguistiques et constitutionnels. Les parents fransaskois entreprennent la démarche pour obtenir la gestion de leurs écoles qui deviendra finalement possible en juin 1993. En juin 1999, l’Association culturelle franco-canadienne (ACFC) devient l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF). Elle demeure l’organisme porte-parole de la communauté fransaskoise, veillant au développement de l’ensemble de la communauté de langue française en Saskatchewan.